
La Guiche · information aux habitants
Nos paysages sont-ils à vendre ?
Un projet privé agrivoltaïque de 38 hectares sur la commune de La Guiche entre dans une phase décisive (dépôt du permis de construire).
Photomontage : le projet vu depuis le chemin, en bordure du site.
Les éléments clés
38 ha
de panneaux, l’équivalent de 50 terrains de football
40 ans
de durée de vie, plus d’une génération
7 100
foyers en équivalent production, soit 30 fois La Guiche
0
bénéfice direct pour l’électricité des habitants du village
Et un risque réel d’effet d’aubaine : une fois les infrastructures de raccordement créées, la porte sera ouverte à d’autres projets industriels de même type.
Faites-vous entendre
Samedi 31 octobre
Dernier jour pour compléter le formulaire en ligne de la Communauté de Communes.
Mercredi 4 novembre, 19 h 30
Rencontre avec le conseil municipal, à la mairie. Venez !
Vendredi 6 novembre
Le conseil municipal vote le projet.
D’ici le vote du conseil municipal, écrivez à la mairie et à vos élus, ils sont là pour vous représenter.
Un choix crucial pour notre commune
Ce projet soulève des questions légitimes pour l’avenir de notre territoire :
- Souhaitons-nous voir La Guiche devenir la centrale solaire du Clunisois, au détriment de notre patrimoine naturel et paysager ?
- Voulons-nous servir de test à grande échelle pour une activité qui reste encore expérimentale quant à sa vocation agricole et qui n’a pas démontré sa résistance face aux aléas climatiques à venir ?
- Quel sera l’impact à long terme sur l’envolée des prix des terres agricoles et, à l’inverse, sur la dépréciation de nos biens immobiliers ?
- Qui demain viendra s’installer sur une commune devenue site industriel sans pour autant avoir créé un bassin d’emploi ?
À quoi cela ressemblerait
Photomontages et modélisation, pas des photos du projet. Modélisation 3D d’après les données LiDAR de l’IGN (relief, haies, arbres, bâtiments) ; disposition des panneaux supposée ; panneaux colorés en bleu vif pour être bien visibles.
D’où verra-t-on l’installation ?
Part de l’installation visible : jaune, moins de 5 % ; orange, 5 à 20 % ; rouge, plus de 20 % ; trait bleu, périmètre du projet. Ce sont les haies qui cachent l’essentiel. Chaque haie arrachée agrandit la carte de droite. En hiver, la réalité se situe entre les deux.
Explorez par vous-même
Les images ci-dessus sont tirées de deux outils que vous pouvez utiliser vous-même. Ils reposent sur les données publiques de l’IGN (relief, haies, arbres et bâtiments mesurés au laser).
Carte interactive
Cliquez n’importe où, par exemple sur votre maison : la carte indique la distance à l’installation et la part des panneaux visible depuis ce point. Plusieurs hypothèses au choix : panneaux de 3, 4 ou 5 m, avec ou sans haies.
Maquette 3D
Survolez le paysage en 3D, puis placez-vous à hauteur d’yeux où vous voulez : depuis le bourg, un hameau ou le chemin. Été ou hiver, avec ou sans arbres. Fichier lourd (environ 16 Mo) : mieux sur ordinateur.
Modélisation, pas une expertise. La disposition des panneaux est une hypothèse inspirée du plan de Statkraft ; le périmètre est tracé d’après la carte « Zone d’implantation » du 25/09/2026 (précision ±10 m environ).
Le projet en images
Des vues de la maquette 3D, à différentes hauteurs et depuis différents côtés. Cliquez sur une image pour l’agrandir.



Modélisation 3D d’après les données LiDAR de l’IGN, pas des photos. Panneaux colorés en bleu vif pour être bien visibles.
Et après ? Les éoliennes
Pourquoi montrons-nous des éoliennes, alors que le projet est solaire ? Parce qu’un projet de trois éoliennes de 200 à 240 mètres est déjà à l’étude sur la commune. Lors de sa présentation, le 14 octobre, les élus ont eux-mêmes soulevé la question du cumul avec le projet solaire, et le développeur a évoqué un poste de raccordement mutualisé entre plusieurs projets.
Le raccordement construit pour les panneaux rendrait les éoliennes plus faciles et moins chères à installer. Pour nous, l’un prépare l’autre. Voici à quoi cela pourrait ressembler.





Modélisation 3D d’après les données LiDAR de l’IGN, pas des photos. Éoliennes de 220 m en bout de pale, comme évoqué pour le projet à l’étude ; 500 m est la distance minimale légale entre une éolienne et une habitation. Le lien entre les deux projets est notre lecture, pas une décision prise. Positions indicatives, aucun emplacement n’est arrêté.
Ce qui est en jeu
L’économie
Une maison, c’est souvent le travail d’une vie. Qui voudra acheter nos biens avec, pour horizon, 38 hectares de panneaux pendant 40 ans ?
Nos villages vivent aussi de ceux qui viennent : touristes, randonneurs, visiteurs du domaine de Chaumont, et surtout familles qui choisissent de s’installer ici pour le calme et les paysages. Ce sont elles qui remplissent nos écoles et font vivre nos commerces. Un paysage industrialisé ne les attirera pas. Il les fera passer leur chemin.
Le paysage et le patrimoine
À deux kilomètres du site se trouve le domaine de Chaumont. Ses écuries du XVIIe siècle, classées monument historique, comptent parmi les plus vastes d’Ancien Régime en France. Aujourd’hui, depuis le domaine, la centrale ne serait cachée que par quelques arbres. Qu’ils soient abattus, malades ou emportés par une tempête, ce sont 38 hectares de panneaux qui apparaîtront. Pour 40 ans.
Nos haies, nos bocages, nos collines charolaises ne sont pas un décor. C’est ce qui fait que nous vivons ici.
L’agriculture
Pensons-nous à nos jeunes agriculteurs ? À ceux qui veulent s’installer, et qui cherchent des terres qu’ils ne trouvent pas ? À notre souveraineté alimentaire ?
Un hectare loué à un éleveur rapporte environ 150 € par an. Loué à un énergéticien, il rapporte en moyenne plus de 3 000 €. Face à de tels montants, aucun jeune ne peut suivre. Les Jeunes Agriculteurs eux-mêmes ont demandé un moratoire sur l’agrivoltaïsme.
Et après, le champ d’à côté ?
Le réseau est saturé. Il sera renforcé pour ce projet (environ 1,6 M€). Une fois le raccordement en place, d’autres projets deviennent plus faciles et moins chers à installer.
Un projet de trois éoliennes de 200 à 240 mètres est déjà à l’étude sur la commune. Lors de sa présentation, le 14 octobre, les élus ont eux-mêmes soulevé la question du cumul avec le projet solaire, et le développeur a évoqué un poste de raccordement mutualisé entre plusieurs projets. Pour nous, l’un prépare l’autre : c’est pourquoi nous avons intégré les éoliennes dans nos images.
Et dans 40 ans ?
Nos anciens plantaient des chênes pour leurs petits-enfants. Les nôtres hériteront de milliers de pieux, de kilomètres de câbles et d’hectares de panneaux à démonter.
Pour ce démantèlement, la loi impose une garantie d’environ 212 000 €. C’est le minimum réglementaire, et il est sans doute très inférieur au coût réel. Si l’exploitant fait faillite, est racheté ou disparaît en 40 ans, qui paiera la différence ? Le propriétaire du terrain ? La commune ? Nous ?
Comment donner votre avis ?
- Écrivez à Statkraft ([email protected]) ou remplissez le formulaire de la communauté de communes (framaforms.org/slg-1790766561). Utilisez vos propres mots : des textes copiés-collés pèsent beaucoup moins qu’un avis personnel, même court.
- Parlez-en à vos élus. Le conseil municipal se prononcera le vendredi 6 novembre. Écrivez à la mairie et parlez aux conseillers : ils doivent nous représenter. Venez le mercredi 4 novembre à 19 h 30 à la mairie.
- Participez à l’enquête publique, prévue début 2028. C’est le moment décisif. Le commissaire enquêteur lit chaque observation. Une contribution écrite, argumentée et personnelle pèse bien plus qu’une signature de pétition.
Oui au solaire, au bon endroit
Nous sommes pour l’énergie solaire. Sur nos toits, nos parkings et nos friches, pas sur notre bocage.
38 ha
de grands toits dans un rayon de 10 km (363 bâtiments de plus de 500 m²)
217 ha
de grands toits dans un rayon de 20 km, dont 131 ha de bâtiments agricoles
35
friches recensées dans un rayon de 30 km, dont plusieurs grandes dans le bassin de Montceau et Blanzy
Personne n’a recensé les toits de notre secteur : il n’existe pas de cadastre solaire public pour la Saône-et-Loire. Les compétences sont dispersées entre l’État, les communes, la communauté de communes et le syndicat départemental d’énergie (SYDESL). Résultat : personne ne planifie l’ensemble, et ce sont les développeurs qui choisissent les terrains, en général les moins chers. Une grande prairie, c’est un seul terrain, un seul raccordement, un seul contrat, et pas de charpente à vérifier.
La Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire elle-même donne la priorité « aux toitures, parkings et friches » dans sa charte. Les hangars agricoles solaires sont déjà courants : le bâtiment sert deux fois, et le paysage reste.
Ce que nous demandons : qu’avant d’ouvrir d’autres terres agricoles, la communauté de communes dresse avec le SYDESL un inventaire des toits, des parkings et des friches de notre secteur.
Aidez-nous à faire l’inventaire
Vous connaissez un grand toit, un hangar, un parking ou une friche qui pourrait accueillir des panneaux ? Votre propre toit, celui de votre exploitation ou de votre entreprise ? Écrivez-nous l’adresse ou le lieu-dit : nous rassemblons ces propositions pour les présenter à la commune et à la communauté de communes.
Calcul du collectif d’après la BD TOPO de l’IGN : bâtiments agricoles, artisanaux, industriels et commerciaux de plus de 500 m² (emprise au sol). Non déduits : toits déjà équipés, charpentes trop faibles, amiante ; les toits ont eux aussi besoin du réseau. Si la moitié de la surface à 10 km était utilisable, cela représenterait en théorie environ 38 MWc, près du double du projet. Friches : Cerema (Cartofriches), dont beaucoup « potentielles », non vérifiées. Ce n’est pas une étude : c’est justement ce que nous demandons.
Questions et réponses
Vous êtes contre l’énergie solaire ?
Non. Nous sommes pour le solaire, et même pour beaucoup plus de solaire : sur les toits, les parkings, les friches. Nous disons non à ce lieu : 38 hectares de prés bocagers, pour 40 ans.
« Ça rapporte à la commune. »
Environ 15 000 € d’impôts par an pour la commune, à partir de la mise en service. Selon notre estimation, l’installation produirait de l’ordre de 1,6 à 2,2 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. La commune en toucherait donc moins de 1 %. Plus de 85 % reviendraient à l’exploitant. Statkraft n’a publié ni prix ni chiffre d’affaires : ce sont des ordres de grandeur.
Qui gagne quoi ?
Les propriétaires et exploitants des terrains : des loyers de l’ordre de 38 000 à 170 000 € par an selon les références de la filière (aucun contrat n’est public). La commune : environ 15 000 € par an. L’exploitant : l’essentiel. Les riverains et les habitants : rien, aucune compensation n’est prévue. Le paysage, lui, est porté par tous.
Ailleurs en Europe, le territoire qui accueille une centrale reçoit une vraie part, fixée par la loi ou par des règles claires :
- en Suisse, les centrales hydrauliques versent aux cantons et aux communes une redevance sur l’eau, souvent citée en exemple : de l’ordre de 1,5 centime par kWh, environ 25 fois plus que ce que toucherait La Guiche ;
- au Royaume-Uni, la recommandation officielle demande aux parcs éoliens de verser aux communautés voisines au moins 5 000 £ par mégawatt et par an ; rapporté aux 21 MW du projet, ce serait environ 125 000 € par an ;
- en Italie, les communes peuvent obtenir des compensations allant jusqu’à 3 % des recettes de l’installation ;
- en Allemagne, les exploitants d’éoliennes et de centrales solaires au sol peuvent verser aux communes jusqu’à 0,2 centime par kWh, en plus des impôts.
Ici, la commune toucherait environ 0,06 centime par kWh, impôts compris, et les riverains rien.
Les habitants profiteront-ils de cette électricité ?
Non. Elle est injectée dans le réseau public et vendue, on ne sait pas encore à qui : appel d’offres de l’État ou contrat de long terme avec un grand consommateur. Rien ne change sur la facture des habitants de La Guiche.
« Les agriculteurs en ont besoin. »
Nous ne sommes contre personne. Mais un hectare loué à un éleveur rapporte environ 150 € par an ; loué à un énergéticien, plus de 3 000 € en moyenne. Face à de tels montants, aucun jeune ne peut plus louer de terres. Les Jeunes Agriculteurs eux-mêmes ont demandé un moratoire sur l’agrivoltaïsme.
« Il y aura des vaches sous les panneaux, c’est de l’agriculture. »
Pour l’élevage bovin sous panneaux, il n’y a presque aucun recul en France. Sur un site voisin à Charolles (moutons, depuis 2021), l’herbe sous les panneaux ne donne qu’environ les deux tiers du rendement. La loi exige de maintenir la production agricole ; le premier contrôle n’a lieu qu’après six ans. Qui mesurera, et comment, pendant 40 ans ?
Pourquoi ici, sur une prairie ?
Parce que c’est le moins cher pour l’investisseur : un seul grand terrain, un seul raccordement, un seul contrat. Ce n’est pas un reproche, c’est l’explication. Mais ce qui est le moins cher pour un développeur n’est pas forcément le meilleur choix pour une commune, pour 40 ans.
« De toute façon, c’est le préfet qui décide. »
Le préfet délivre le permis, mais il lit l’avis de la commune. Un « non » clair du conseil municipal pèse dans toute la suite de la procédure ; un « oui » sera cité par le développeur à chaque étape.
« Le projet a déjà été réduit. »
De 70 à 80 hectares à 38 hectares, c’est vrai. Mais 38 hectares, ce sont toujours plus de 50 terrains de football, pour 40 ans. Et une fois le raccordement construit, d’autres projets deviennent plus faciles.
« C’est trop tard, tout est décidé. »
Non. Le permis de construire est annoncé pour fin 2026, l’enquête publique pour 2028. Le conseil municipal se prononce le vendredi 6 novembre : c’est maintenant que l’avis de la commune se forme.
Le collectif Paysage de nos villages
Des habitants de La Guiche et des communes voisines. Certains sont nés ici, d’autres ont choisi d’y vivre. Nous sommes paysans, artisans, retraités, salariés, parents. Nous ne sommes ni contre les énergies renouvelables, ni contre les agriculteurs. Nous ne sommes contre personne. Ce qui nous rassemble, c’est un attachement à nos communes, à nos haies et à nos prés, à ce paysage que nos ancêtres nous ont transmis et que nous voulons transmettre à notre tour.
Ce que nous demandons : que le conseil municipal se prononce contre ce projet. Ce n’est pas lui qui délivre le permis de construire, c’est le préfet. Mais l’avis de la commune pèse dans sa décision. Un « non » clair de nos élus compte pour la suite de la procédure.
Rejoignez-nous, ne serait-ce que pour être tenus au courant. Sur simple demande, nous pouvons vous montrer une carte interactive et une maquette 3D du paysage avec les panneaux.
Méthode : cartes et images calculées d’après les données IGN (relief, haies, arbres et bâtiments mesurés au laser, précision 1 m) ; observateur à 1,70 m, panneaux de 4 m (le plan de Statkraft prévoit 3,3 m au plus haut : la réalité est légèrement en dessous), jusqu’à 6 km. Modélisation, pas une expertise. Sources : conseil municipal de La Guiche ; Statkraft ; IGN ; RTE ; Chambres d’agriculture et presse agricole (loyers) ; Jeunes Agriculteurs ; code de l’énergie et arrêté du 5 juillet 2024 (agrivoltaïsme).



